Chronique

Au Bord de La Terre Glacée Eowyn Ivey

En cette période neigeuse, quoi de mieux qu’un livre à l’ambiance glacée d’Alaska ? Je vous conseille pour l’occasion une douce lecture signée Eowin Ivey, Au bord de la terre glacée, aux éditions 10/18. 

Cet ouvrage est le second roman de l’écrivaine américaine, qui a reçu plusieurs prix pour son premier roman, The Snow Child. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire mais il est désormais clairement sur ma wish list! 

Dans Au bord de la terre glacée, nous partons recueillir le récit du Colonel Allen Forrester, envoyé explorer et cartographier les mystérieuses terres inhospitalières d’Alaska dans les années 1880. En parallèle est présenté le récit de sa femme Sophie, qui, si elle souhaitait initialement découvrir les beauté de ce monde de glace, va finalement devoir rester à Vancouver du fait de sa grossesse. 

Au début du roman apparaît ainsi une certaine opposition entre la vie d’explorateur mouvementée et dangereuse du colonel et celle de sa femme qui semble tout d’abord bien statique. Mais le personnage de Sophie évolue beaucoup au cours du récit. Elle prend goût à un art qui surprend son entourage et lui amène bien des critiques : la photographie. C’est par ce biais qu’elle va tenter d’immortaliser les beautés de la nature. 

Je n’oserais vous en dire trop pour ne pas spoiler le récit, mais si les 2 personnages évoluent dans des mondes radicalement différents, ils se retrouvent parfois face à des situations d’une déconcertante similitude, ce qui participe à l’ambiance fantastique au récit… 

Des terres d’alaska et des rives de la wolverine émane une aura intrigante et surnaturelle qui s’accroît au cours du périple du colonel Allen. Au fil des pages sont distillées diverses évocations du monde des esprits, et naissent des personnages étranges: shaman aux allures de noir corbeau, ou jeune femme à l’amant transformé en loutre… 

L’un des fils conducteurs du livre réside également en une ode à la nature. Les deux personnages s’émerveillent face à elle, que cela soit devant les premiers jours d’un oisillon, ou devant la grandeur et les dangers des paysages neigeux d’Alaska. Au fil des pages, l’aspect insaisissable et inhospitalier de ces lieux est magnifiquement conté.

En réalité, le récit se présente sous la forme d’entrées des journaux intimes du colonel et de Sophie, ponctuée d’une correspondance plus récente, située bien plus tard que l’épopée du colonel, entre un descendant de la famille  Forrester et le conservateur du musée d’Alaska à qui il a envoyé les précieux journaux en espérant qu’ils les intègre à sa collection. Les textes sont ainsi parfois entrecoupés par des illustrations ou coupures de journaux qui relatent l’épopée du colonel. C’est une stratégie d’écriture très intéressante, qui amène une réelle dynamique au récit. Cet aspect force également la réflexion, car on y voit l’évolution de ces terres sauvages et préservées, qui changent progressivement et se modernisent.

En conclusion, c’est un livre plein de douceur qui appelle à apprécier les beautés et la richesse de la nature. A noter également cette superbe couverture qui m’a tout de suite attirée à la librairie.

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