Challenge de l'imaginaire, Chronique, Projet Ombre

Janua Vera, Jean Philippe Jaworski

Je sais que Jean Philippe Jaworski est un auteur très reconnu; cependant, j’étais totalement passée à côté… J’ai plusieurs fois été tentée de lire sa saga des rois du monde, mais à chaque fois j’ai finalement changé d’avis, trop long pour moi, trop complexe… Bref plein de mauvaises raisons!

C’est donc à l’occasion de la réédition par les moutons électriques que je me lance enfin dans la bibliographie de cet auteur, en commençant par le recueil Janua Vera, commencé courant mars et terminé durant le mois d’avril. Cette lecture s’inscrit d’ailleurs dans le cadre du projet ombre et du challenge de l’imaginaire.

Réédition par les moutons électriques

Pour une première, ce n’était pas toujours évident de m’y retrouver dans ce monde du vieux royaume. Je ne suis familière avec aucun des lieux ni personnage, et pourtant j’ai été plongée avec plaisir dans chacune des nouvelles. Celles-ci sont très bien construites, comme des petits mondes immersifs qui nous envoient tout droit dans ce vieux royaume. Je reconnais que la plume de l’auteur est d’une grande qualité. Dès les premières lignes j’ai su que j’apprécierai cette lecture, par la beauté des descriptions, l’ambiance et les personnages. Les récits sont captivants. On est réellement plongés dans l’intrigue, en partageant le ressenti des personnages, et presque les goûts et les odeurs du vieux royaume.

J’ai apprécié la variété des thématiques abordées dans le recueil. C’est d’ailleurs un des gros points forts de ce livre: aucune nouvelle ne se ressemble, mais on intègre parfaitement qu’elles se placent dans un même univers, incroyablement riche. Il y a de tout : politique et récits de guerre, conte poétique, récit humoristique…

J’ai moins accroché sur les deux premières nouvelles, un peu longues dans leurs récits de batailles qui sont moins ma tasse de thé. Mais on s’en éloigne assez vite pour d’autres thèmes très intéressants. Ceci dit, quand je dis que j’ai moins accroché cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas d’une grande qualité, loin de là. La lecture en restait très plaisante.

Les personnages sont aussi très variés, ont leurs propres histoires et leurs propres aventures. Ce ne sont pas de grands héros du royaume, mais les habitants de ce monde dont Jaworski nous conte les récits. Encore une fois, aucun personnage ne se ressemble, ils évoluent simplement dans un univers commun, chacun avec son époque, sa personnalité et son histoire.

Voilà ici un court résumé de chaque nouvelle, dont mes préférées restent le conte de suzelle, jour de guigne et un amour dévorant.

De jolies illustrations au début de chaque nouvelle

Janua vera

Un roi-dieu, souverain victorieux en fin de règne, fait d’étranges rêves.. Notamment une porte, derrière laquelle l’ennemi l’attend.

Montefellone 

Cette nouvelle relate l’assaut d’une ville par le duc d’Isembard. Cependant, elle ne se laisse pas prendre facilement, épuisant les troupes. Je n’ai pas beaucoup accroché sur cette nouvelle, trop longue à mon goût.

Mauvaise donne

Au cœur de cette nouvelle se trouve un personnage bien intriguant, Don Benvenuto, assassin embauché par Don Mascarina pour une nouvelle mission. Cependant, celle-ci tourne mal et vise une personne de pouvoir, menant le héros au cœurs des questions politiques du royaume.

Le service des dames

Aedan et ses deux camarades de route souhaitent atteindre le comté de Brochmail. Mais pour cela, il faut traverser un pont dont l’accès est interdit par la duchesse de Brefor. Ils négocient donc le prix de ce passage…

Une offrande très précieuse

Tout commence avec une Bataille dans les forêts du chevéchin. Cecht est blessé, ainsi que son camarade Dugham. Ils tentent de retrouver leur chemin et de sortir vivant de la forêt suite à la bataille. Dans la forêt, ils rencontrent Onirée, une vieille femme qui se dit gardienne des bois. Magicienne, elle suggère qu’ une offrande pourra aider à sauver Dugham, mourant suite à ses blessures.

Le conte de suzelle

Suzelle, enfant un peu à part et maladroite, aime explorer le monde et vagabonder. Un jour, elle croise un homme curieux à l’accent étranger, annoeth. Séduite par ce jeune homme, elle ira chaque jour courir au cours d’eau dans l’espoir de le revoir. Mais le temps et les années passent sans signe d’annoeth, jusqu’à bien longtemps plus tard, au cœur d’une lourde tempête de neige.

Jour de guigne

Maître calame, copiste, est frappé du syndrome du Palimpseste. Il copiait un texte sur du papier recyclé contenant auparavant des incantations qui, mal effacées, ont débordé du papier et l’ont contaminé. Son espoir est de s’isoler jusqu’à disparition des symptômes :une guigne monumentale. L’endroit idéal ? Les cachots d’une prison bien sûr !

Autres symptômes intéressants : avec ce syndrome, les sujets atteints attirent les assassins. De quoi faire de lui l’appât idéal pour attirer l’assassin qui fait rage dans la rue du rempart. 

Cette nouvelle a un petit côté Pratchett très sympathique, j’ai beaucoup aimé ! Et ca tombe bien, elle a été lue juste à temps pour valider la mission d’avril du projet Ombre: Lire une nouvelle humoristique

Un amour dévorant 

En bordure du petit village de Noant le vieux se trouve un bois inquiétant et plein de dangers. S’y cachent deux âmes qui hurlent et répètent sans cesse le nom d’une femme: Ethaine. Le gyrovague Phasme tente alors d’interroger les habitants du village, pour tenter de comprendre qui sont ces appeleurs, et calmer leurs âmes.

Comment Blandin fut perdu

Cette nouvelle conte l’histoire d’un peintre, albinello, qui, face à l’insistance d’une supérieure d’un monastère, embauche un apprenti : Blandin. Celui-ci s’occupait des miniatures dans les livres du monastère, et semble faire preuve d’un grand talent. Cependant il semble avoir une fascination pour un personnage féminin, qu’il représente partout : alma.

Le confident 

On retrouve ici un homme entrant dans un culte étrange, déjà nommé dans plusieurs autres nouvelles de ce recueil : il devient un prêtre du desséché. Ils s’occupent des morts et des activités funèbres. L’homme fera le vœu d’obscurité, à écouter ainsi les confidences des morts.

Voilà pour cet ouvrage, je ne manquerai bien sûr pas de lire ensuite Gagner la guerre et la saga des Rois du monde.

Pour retrouver d’autres lectures du projet ombre, c’est par ici! Je travaillerai aussi à un article récapitulatif pour le challenge de l’imaginaire.

6 réflexions au sujet de “Janua Vera, Jean Philippe Jaworski”

  1. L’auteur a tout pour me plaire sur le papier mais je n’ai jamais réussi à terminer un de ses romans :/ du coup j’ai laissé tomber. Je suis contente pour toi que tu aies finalement trouvé de quoi te contenter dans sa bibliographie ☺️

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