Challenge de l'imaginaire, Chronique

[Chronique] Quitter les monts d’automne Emilie Querbalec

Quitter les monts d’automne a été publié en septembre 2020 chez Albin Michel imaginaire. Je l’avais déjà repéré dans la librairie mais j’ai eu finalement le plaisir de le recevoir en cadeau pour mon dernier anniversaire.

C’est mon premier contact avec l’univers de l’autrice, que je ne connaissais pas. Quitter les monts d’automne est son deuxième roman, après Les Oubliés d’Ushtar en 2018 (un autre space opéra), finaliste du prix Rosny aîné. 

Ce roman offre du space opéra comme on les aime tout fort, avec en prime un peu de Japon, comme on le devine très vite avec cette superbe couverture signée Manchu. L’autrice est d’ailleurs tout à fait familière du Japon puisqu’elle y est née d’un mère japonaise et a vécu là bas plusieurs années.

Techniquement j’ai lu le roman en.. mars dernier (en partie devant une meute de loups dans le joli parc de sainte croix !), mais comme je suis un portrait craché du petit lapinou d’alice toujours en retard, la chronique n’arrive que maintenant ….

De Kwa ca parle…

Kaori est le personnage principal de ce doux roman. Originaire de la planète Tasai, elle a été recueillie par sa grand-mère, Lasana. Elle est descendante d’une lignée de conteuse, qui , comme sa grand-mère, ont connu le ravissement et possèdent le don du dit, ou la capacité de conter des histoires, qui ne sont pas de simples contes mais issues de l’Histoire de ce peuple. En effet, dans cet univers, le Dit occupe une place infiniment importante, dans la mesure où, à l’inverse, l’écrit est interdit et sévèrement condamné. Car l’univers est contrôlé méthodiquement par une entité : le Flux , notamment au travers des moines Talanké qui veillent au bon suivi des règles du flux. 

Or, le ravissement est réservé à un petit nombre de gens, qui eux seuls sont dépositaires de l’histoire et de la mémoire des peuples. La mémoire est donc dans ce monde une denrée rare, qui se perd avec la diminution du nombre de conteuses. Ces dernières sont très prisées, et embauchées parfois très cher pour animer les soirées des plus nobles habitants.

Cependant, Kaori ne connaîtra pas le ravissement, et devra se contenter d’une carrière de danseuse. A la mort de sa grand-mère, elle entre en possession d’un objet tabou : un rouleau de calligraphie scellé dont la possession lui promet une condamnation à mort. Or, ce rouleau semble bien mystérieux et interroge Kaori sur ses origines. Il lui murmure que si il ne s’est pas détruit à son contact et à l’ouverture du sceau, elle en est bel et bien l’heureuse destinataire.

Kaori quittera alors les monts d’automne pour résoudre le mystère du rouleau, où elle subira plusieurs revers et mauvais traitements. Jeune femme pleine de naiveté, elle doit en effet évoluer dans un monde qu’elle ne connait en réalité que très peu, bien différent de celui de la troupe dans laquelle elle exercait ses talents de danseuse. Ces multiples mauvais coups participent à faire évoluer son personnage, qui doit se reconstruire, s’affirmer et avancer malgré tout. 

Agressée à Pavané, la capitale, on dira ensuite qu’elle a utilisé un objet interdit, ce qui lui vaudra d’aiguiser la curiosité des Talanké à son égard. Direction donc des rivages bien plus lointains, au cœur des étoiles, pour fuir le flux et percer les secrets de ce rouleau de calligraphie…

Des personnages variés et une ambiance subtile

Pour ce voyage, elle est accompagnée de personnages hauts en couleurs, notamment Aymelin, jeune femme venue d’une autre planète , et Ekisei, homme aux cheveux bleus. Ils voyagent d’abord en stase dans des vaisseaux spatiaux puis plus loin encore au travers de portails spatiaux gardés par les Sylphes, un peuple étrange et isolé mais que j’ai trouvé très intéressant.

Kaori est loin d’être le personnage le plus complexe, elle est très douce et presque insipide en début de roman (pour moi c‘est l’ambiance du roman plus que son personnage principal qui ont fait son charme), subit plus qu’elle n’agit, mais évolue et ce construit progressivement. Comme l’a dit l’autrice lors d’une interview, “Kaori est une artiste, pas une guerrière.” Elle croise cependant sur son chemin des personnages au fort caractère, que j’ai aimé côtoyer au cours de ma lecture.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire la première partie et les textes autour de l’art du dit et de la danse. Ces textes sont inspirants et très poétiques. Je parle ici beaucoup moins des personnages de cette partie mais ils restent très intéressants, que ce soit Lisana ou les membres de la troupe de Kaori.  

SF ou pas SF ?

La première partie est lente et douce, avec une ambiance japonaise teintée de fantasy. J’ai trouvé cette partie très poétique, avec un style et une ambiance subtiles et ravissants. Puis viennent les voyages et l’ouverture vers d’autres lieux et même d’autres planètes. La science-fiction prend doucement sa place dans le récit. C’est en quittant les monts d’automne que Kaori va réellement faire face à la technologie et à la possibilité des voyages interplanétaires. Les aspects SF ne sont pas lourds, mais bien amenés et distillés avec subtilité au cours du récit, tout en prenant bien sûr de plus en plus de place dans la deuxième partie du roman, marqués par l’objectif d’un voyage spatial vers une mystérieuse destination.

Un livre que j’ai eu la chance de lire en bonne compagnie 😊🐺

Et pour la suite ? 

J’ai personnellement été très charmée par ce roman, dont l’ambiance m’a transportée. J’espère en lire davantage de cette autrice, en commençant probablement par les Oubliés d’Ustar (qui malheureusement n’était pas en vente aux Imaginales, dommage!). Pour ses prochains textes, elle indiquait travailler sur un autre space opéra et sur une fantasy historique d’inspiration japonaise, tout ça est très prometteur ! Par manque de temps je n’ai pas pu lui demander où en étaient ces projets lors du festival, mais j’ai bien hâte de les découvrir !

En attendant, si vous souhaitez écouter l’autrice, elle a participé il y a quelque temps au podcast de Lloyd Chéry, c’est plus que de la SF, que je vous recommande chaudement!

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