Chronique

[Chronique] L’ours et le rossignol, Katherine Arden

Pour cette chronique, je vous propose en ce mois d’août à 38° un rafraîchissement dans les profondeurs de l’hiver russe, avec le roman L’ours et de Rossignol de Katherine Arden, traduit par Jacques Collin. Ce texte est le premier d’une trilogie magnifique, qui est un de mes coups de cœur de cette année.


Le pitch

Le roman nous emmène découvrir la vie de la famille de Pior Vladimirovitc (j’essaie de ne pas faire de faute dans les noms, vous m’excuserez si vous en trouvez, entre mes étourderies et le correcteur qui fait des siennes…) dans un village reculé de la Russie, la Rus’, du XIVe siècle.
Sa femme, Marina, demi soeur du grand-prince Ivan Ivanovitch, donne naissance à une petite fille, Vassia, en plein hiver. Elle annonce qu’elle ressemblera à sa mère, qui voyait des esprits et semblait un peu sorcière. Vassia, le personnage au coeur de ce récit, est élevée par son père et ses nombreux frères et sœurs, puisque Marina est morte à la naissance de sa fille. Elle est également protégée par Dounia, une vieille servante qui aime abreuver les jeunes enfants de ses histoires et de contes et légendes, par exemple celui du Roi de l’hiver. Et effectivement, la jeune fille possède le don particulier de voir les esprits qui peuplent le monde, les tchiorti, comme le choupi Domovoi connu pour protéger les maisons en échange de quelques offrandes. Elle possède un sacré caractère, une envie de liberté, aime se balader dans les froides forêts qui bordent sa maison, et semble très éloignée des occupations et comportement que l’on attendrait d’une jeune fille dans sa situation.


Le père de Vassia décide de prendre une nouvelle femme, Anna, ce qui chamboule pas mal la vie de la jeune Vassia. Anna semble posséder une certaine sensibilité à la présence des esprits, mais, contrairement à la jeune fille qui leur fait des offrandes de pain et de miel et sympathise avec eux, Anna en est absolument effrayée et convaincue que ce sont des démons. Cette vision est supportée par les dires d’un prêtre nouvellement arrivé, Konstantin, qui fait tout pour détruire les croyances ancestrales et faire fuir ses esprits. Une confrontation entre le christianisme et les vielles croyances s’installe ainsi avec son arrivée.


La peur s’infiltre progressivement dans le cœur du peuple et déséquilibre les forces parmi les esprits. Car tous ne sont pas tendres et bienveillants envers les humains… Un conflit grandit entre deux camps de ces anciennes puissances, dans lequel Vassia se retrouve impliquée .


Mon avis


Pour commencer, j’ai énormément apprécié la plume de l’autrice qui est très douce et immersive. Elle donne le sentiment au lecteur d’être plongé dans l’univers qu’elle a créé, de connaître chacun des personnages, de partager les goûts et les odeurs. C’est peut être bête mais j’ai noté à plusieurs endroits qu’elle décrit avec subtilité les plats que mangent les personnages. J’ai très vite rêvé de ces miches chaudes au miel coulant ou des tourtes au fromage à la table du prince Ivanovitch. J’ai adoré cette ambiance et le côté hyper immersif de la plume. Franchement on s’y croirait.


Il y a de nombreux personnages, dont les noms aux consonances russes peuvent être déroutants au début, dans la mesure où ils ont également plusieurs surnoms. Il faut donc s’y habituer un peu, mais rien d’insurmontable. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Vassia, qui est profondément touchant. C’est très agréable de suivre son évolution au cours de l’histoire, son acharnement et sa force sont impressionnants. Son père semble plein d’amour pour Maria et ses enfants, et Vassia est également emplie de tendresse pour sa famille et Dounia, cela se ressent beaucoup à la lecture. Et finalement, on aime aussi détester Anna, qui en fait voir de toutes les couleurs à Vassia. Le récit fait transparaitre magnifiquement les émotions de ces personnages, c’est vraiment pour moi un des gros points fort de ce texte.


Globalement, l’ambiance est enchanteresse, la lecture est douce et invite le lecteur dans cet univers de froid infiniment plaisant. Difficile de s’arrêter de lire tant la plume nous berce. L’autrice donne un aperçu merveilleux de la Russie, de son froid hivernal et surtout de son folklore. J’ai adoré lire a propos des tchiorti et des contes et légendes. Dans cette belle atmosphère, certains passages sont néanmoins plutôt sombre, avec la cruauté d’Anna et du prêtre, Konstantin, qui rejette les anciennes croyances païennes et les vielles légendes. Ce personnage est très intéressant et complexe, et prend de l’importance au fil des pages.

Si la majorité du récit se passe dans les contrées reculées de Russie, les aspects politiques restent présents dans ce roman, sans être au coeur de l’histoire de ce premier tome. L’autrice donne au lecteur des aperçus de la politique à la cour de Moscou et des intrigues et conflit du pays que doit gérer le grand-prince, Ivan Ivanovitch.




C’est clairement un gros coup de cœur pour ma part. Je reparlerai de la suite dans une prochaine chronique. Mais je peux déjà vous dire qu’aucun des 3 tomes ne m’a déçu, je les ai dévorés en un rien de temps.

Un coup de cœur du panda

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3 réflexions au sujet de “[Chronique] L’ours et le rossignol, Katherine Arden”

  1. « on aime aussi détester Anna » : je crois que j’ai encore plus détesté Konstantin – en tout cas à froid (huhu) c’est celui qui me reste le plus en tête.
    Il me reste le troisième tome à lire… c’est vrai que ça pourrait faire un bon rafraîchissement pour les prochains jours. ^^

    J’aime

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