Chronique

[Chronique] Le peuple des rennes, Megan Lindholm

Pour cette chronique, je vais vous parler d’une de mes récentes recommandations hivernales postées sur instagram : le peuple des rennes de Megan Lindholm, publié récemment chez ActuSF. Il s’agit en réalité d’une duologie, publiée ici sous la forme d’une intégrale. L’édition est magnifique! Seul petit bémol pour moi, je trouve le texte un peu rikiki, donc c’est un petit effort à lire quand même.

Megan Lindholm est le second nom de plume de Robin Hobb, qui est je pense mon autrice favorite. J’ai aimé me plonger dans l’assassin royal, les aventuriers de la mer ou encore le soldat chamane (relecture imminente!), et je prends beaucoup de plaisir à découvrir ses autres écrits. Un plaisir facilité par les publications récentes de certaines maisons d’éditions comme Mnémos ou ActuSF, qui rééditent ses textes dans des éditions magnifiques. Comme je le disais dans mon dernier bilan, j’en reparlerai avec beaucoup de détails dans une série de publications que je prépare, un genre de guide de lecture de Robin Hobb, qui couvrira bien sûr mais publications majeures mais aussi textes et nouvelles moins connues, que je m’efforce de découvrir petit à petit. 

Mais passons. Pour le moment, il est temps de vous emmener dans des paysages froids et enneigés, à la rencontre des attachants personnages du Peuple des Rennes. Les premières pages nous font rencontrer Tillu, soigneuse et sage femme, elle-même mère d’un garçon singulier nommé Kerleu. Le jeune garçon, rêveur, subit les constantes moqueries des autres enfants de la tribu de chasseurs qu’ils ont rejoints. L’intégration à la tribu reste également difficile pour Tillu, qui ne rentre pas dans le moule et ne suit pas tout à fait les coutumes de la tribu, car elle va seule, sans mari, ce qui n’est pas toléré dans leur culture. La tribu cherche même à la marier a un vieux chamane décrépit (ça se voit que je n’aime pas ce type? ^^), qui, faute de la prendre pour femme, prendra par contre sous son aile le jeune Kerleu. Lorsque Tillu fuit le clan, en quête de liberté, leur route croise le chemin d’Heckman et Lasse, chasseurs du peuple des rennes, peuple mystérieux que Tillu et Kerleu rejoignent. 

Néanmoins, Kerleu reste constamment en décalage avec le peuple des rennes, de part son comportement différent et ses difficultés pour les tâches de la vie quotidienne. Il fait preuve cependant d’un grand talent concernant les pratique chamanes, ce qui participe encore à son exclusion, car peu comprennent la portée de son don. Au fil des pages, on découvre ainsi avec plaisir les coutumes et croyances de ce peuple, leurs difficultés face à une nature sauvage et imprévisible, dangereuse. Mais peut être pas aussi dangereuse que la nature humaine, la jalousie et la cruauté qui vit dans le cœur de certains membres de la tribu.

J’ai beaucoup apprécié ce texte, infiniment immersif. Il met en avant la beauté de la nature et de l’hiver et est marqué par des personnages complexes. Il aborde aussi des questions qui, malheureusement, restent au cœur de nos difficultés actuelles : la différence, l’exclusion sociale et la douleur qu’elle peut apporter. Au fil de la lecture on ressent un profond attachement pour Tillu et Kerleu, qu’on a envie de protéger à tout prix des railleries et moqueries. A l’inverse, Robin Hobb est à nouveau incroyablement habile dans sa création de personnages détestables, dans la peau de Joboam, de la tribu du peuple des rennes. Ambitieux, cruel et imbu de lui même, bref un type adorable… Certains passages donnent envie de hurler tant on a envie de lui faire payer sa méchanceté et sa cruauté .

Le récit est empreint d’une ambiance de mystère et de magie, au travers des enseignements du shamane, surtout dans le tome 2. Notez par contre que le récit est assez lent et contemplatif, loin d’être bourré d’action. L’intrigue n’est pas, je pense, ce qui est au cœur du roman, mais plutôt ses personnages, et l’immersion dans le quotidien et les coutumes de ce peuple.

J’en garde un très beau souvenir, et le relirai sûrement avec plaisir. 

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Je pense en avoir louper, n’hésitez pas à me les donner en commentaire ! 

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4 réflexions au sujet de “[Chronique] Le peuple des rennes, Megan Lindholm”

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