Chronique

[Chronique] Le chant des cavalières, Jeanne Mariem Correze

Pour cette nouvelle chronique (finalisée devant wall-e un dimanche matin), je vais vous parler d’un roman de Jeanne Mariem Correze publié aux moutons électriques : le chant des cavalières, avec une belle couverture de Melchior Ascaride.

Globalement c’était une belle lecture, plaisante, qui bénéficie d’une plume très agréable et déjà très travaillée pour un premier roman. Ce texte est en effet la première publication d’une jeune autrice surprenante. J’ai assisté à une table ronde où elle était présente aux imaginales, et j’ai été convaincue de repartir avec son ouvrage car elle en parle avec beaucoup de passion, ce qui donne envie de le découvrir ! 

L’histoire

Le roman tourne autour de Sophie, jeune femme qui attend de devenir cavalière et de chevaucher le royaume à dos de dragon. Elle devient écuyère de cendre à la mort d’Acquilon, la matriarche de la forteresse de Nordeau. Elle assiste donc la nouvelle matriarche, Elaine, dont elle prendra un jour la suite. Cependant, Elaine met Sophie à l’écart et refuse son apprentissage. Un jour, Sophie entend un appel, celui de l’esprit de l’ancienne matriarche. Elle lie alors son esprit au sien, et est guidée par Acquilon.

On comprend très vite que Sophie a un rôle particulier à jouer, un destin particulier, mais manipulé, tissé dans l’ombre par d’autres sans qu’elle en ait une quelconque maîtrise. Myrddin, un magicien mystérieux, la pousse également à accomplir sa « destinée ». Elle part à la recherche de deux reliques ayant appartenu à la reine Maude, Baldré et Lunde.

Le roman est aussi marqué par les intrigues de la cour. Dans le royaume de Sarda, chaque forteresse a sa matriarche, et forcément elle ne s’entendent pas toutes. Le royaume est dirigé par un prince et un congrès. Une guerre a eu lieu avec le royaume des Sabès, avec qui le royaume semble désormais en paix, malgré leur implication toute récente dans la mort de la matriarche.

Quelques petits défauts mais une plume magnifique

Les intrigues de la cours sont parfois un peu floues et pas toujours très facile à suivre. Les éléments de l’univers sont disséminés un peu partout dans le récit, donc pas toujours très accessibles. Dans la mesure où ces éléments sont un peu longs à se mettre en place, le récit perd en rythmicité. Ceci dit, c’est aussi intéressant d’avoir affaire à un monde complexe et riche.

Néanmoins, la plume est vraiment belle et envoûtante. J’ai été complètement charmée par l’ambiance qui s’en dégage, la description des lieux, des paysages. Même les odeurs semblent nous parvenir à travers les pages.

Je tiens aussi à souligner la qualité des personnages, qui sont bien travaillés. Ils sont presque exclusivement féminins, et c’est très plaisant de lire un livre de roman qui n’est pas noyé sous la testostérone. Les femmes sont fortes et intéressantes, à des postes de pouvoir et de décision, ça fait plaisir. En plus, les personnages sont variés, aussi bien au niveau de leur physique que de leur psychologie.

Un point sensible reste aussi à discuter : les dragons. Dans ce texte, ce sont des créatures à plume assez proches des griffons. En conférence, l’autrice le disait bien : il ne sont pas au cœur du récit, ne se battent pas, et sont surtout un moyen de transport. Donc clairement, j’étais prévenue . C’est tout de même curieux car au début du roman, ils semblent jouer un rôle particulier : ils tissent un lien spécial avec leur cavalière, aucune autre cavalière n’a le droit de les toucher, sauf les novices. Il y a aussi un genre de cérémonie de naissance du dragon. Je trouve donc profondément dommage que leur rôle ne soit pas plus développé, car les prémices sont pourtant installés et finalement… pas grand chose. Ils servent effectivement (quasiment, car le dragon de Sophie l’aidera quand même pas mal) juste de moyen de transport, donc je n’ai pas saisi l’intérêt de tout cet aspect « lien spécial et cérémonie du dragon ».

En conclusion

C’est un roman original, qui mérite clairement d’être lu. Il y a certes quelques points qui m’ont un peu embêtés, mais cela n’enlève rien à la qualité du roman et de son autrice. N’oublions pas aussi que c’est son premier roman, j’ai donc vraiment hâte de voir ses prochains écrits. Sa plume est déjà très travaillée avec une réelle identité, de quoi devenir un petit bijou de la littérature francophone.

N’oubliez pas de lire en bonne compagnie!

2 réflexions au sujet de “[Chronique] Le chant des cavalières, Jeanne Mariem Correze”

  1. J’avais aussi beaucoup apprécié ce roman pour ses nombreuses qualités et notamment son identité très forte. Il y a des failles cela dit (j’ai un peu tiqué sur les mêmes que toi) mais il mérite la découverte malgré tout.

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